Évaluation de la perception des sons de parole chez les populations pédiatriques : réflexion sur les épreuves existantes

  • Geneviève Meloni
  • Hélène Lœvenbruck
  • Anne Vilain
  • Estelle Gillet-Perret
  • Andrea MacLeod
Mots-clés : Trouble du développement des sons de parole, évaluation, perception de parole, enfants francophones Speech Sound Disorders, Assessment, Speech perception, French-speacking children

Résumé

Les enfants avec un Trouble du Développement des Sons de Parole (TDSP) présentent des difficultés dans l’acquisition des sons de la langue et une faible intelligibilité. Cela peut engendrer des difficultés scolaires et socio-économiques qui peuvent persister jusqu’à l’âge adulte. La prévalence des TDSP étant prédominante dans la patientèle des orthophonistes (Dodd, 2014), il est nécessaire de disposer de protocoles d’évaluation fiables. L’enjeu de cet article est de réaliser un inventaire des outils disponibles dans la clinique française pour évaluer la perception de la parole dans la population pédiatrique et de proposer une comparaison de ces outils en termes de caractéristiques psychométriques et de qualités propres à l’évaluation de la perception. L’objectif est de donner des clés aux orthophonistes pour le choix de leurs outils d’évaluation dans le cadre d’une pratique fondée sur les données probantes. Dans cette étude, nous avons recensé dix tâches utilisées auprès des enfants francophones. Nous avons examiné deux aspects de ces tests grâce à des grilles d’analyse. Premièrement, nous avons analysé le versant psychométrique selon une grille adaptée de Leclercq et Veys (2014) et Lafay et Cattini (2018). Puis, nous avons évalué les caractéristiques d’une tâche d’évaluation de la perception avec une grille reprenant certains critères de Locke (1980a). Les résultats démontrent que, même si les tâches sont adaptées aux âges des enfants et rapides à administrer, très peu d’études justifient le choix de leurs cibles ou établissent un lien entre les habiletés de perception et de production. Également, les tests ne satisfont pas les critères psychométriques, notamment ceux de sensibilité et spécificité. En effet, rares sont les tests qui incluent une population pathologique dans leur processus de standardisation. Cette étude encourage la pratique fondée sur les données probantes et propose de guider les orthophonistes dans leurs choix d’outils diagnostics.

Publiée
28-02-2022
Rubrique
Articles